Le Revenu de Base Inconditionnel pour dynamiser les régions périphériques

Dans cet article je vais vous montrer pourquoi le Revenu de Base Inconditionnel est bon pour dynamiser les régions périphériques tout en faisant baisser la pression sur le marché de l’immobilier des grandes agglomérations.

Disparités du coût de la vie en Suisse

Quand on tente d’évoquer ce que pourrait être le montant d’un Revenu de Base Inconditionnel en Suisse. Le montant de CHF 2500.- est souvent évoqué. (notamment par ce qu’il a été popularisé par une manchette du journal Le Matin)

manchette journal Le matin initiative revenu e base inconditionnel

Le texte de l’initiative quand à lui ne précise pas de montant. Il tente de le situer par cette phrase:

« Le revenu de base doit permettre à l’ensemble de la population de mener une existence digne et de participer à la vie publique. »

Ce qui situe le montant du Revenu de Base Inconditionnel au dessus du seuil de pauvreté (~ CHF 2200.-) et un petit peu plus…

A l’évocation d’un montant de CHF 2500.-, les réactions sont diverses, si je caricature à peine, les genevois tire la gueule… « C’est pas possible de vivre avec CHF 2500.- à Genève »…. et les Chaux-de-Fonniers trouvent ça génial…..

C’est là que l’on observe les grandes disparités du coût de la vie en Suisse. Un classement du journal THE Economist indique que Zurich et Genève sont les villes les plus chères du monde, suivies de Singapour, Paris et Oslo. New York n’est qu’en 22 ème position, même si en moyenne les NewYorkais dépensent 58% de leur salaire pour se loger !

Dans un autre registre, l’initiative pour un salaire minimum fixé dans la constitution avait aussi montré en mai 2014 que définir un montant fixe d’un salaire minimum pour toute la Suisse est très difficile et n’est pas adapté aux disparités régionales. C’est une des raisons pour laquelle cette initiative a été largement balayée.
(En passant, on peut aussi inciter à augmenter les bas salaires mais sans contraindre les gens à l’aide du Revenu de Base Inconditionnel…)

Pour illustrer les disparités du coût de la vie en Suisse, voici un aperçu des prix des loyers en Suisse:

cartes des loyers en suisse

Du coup, certaines personne s’opposent au Revenu de Base Inconditionnel seulement parce qu’elles jugent qu’un montant qui n’est qu’une proposition (!) n’est pas assez élevé!

Ce n’est pas sur le montant que l’on va voter. Donc je conseille à toute ces personnes d’attendre que le principe soit ancré dans la constitution pour militer en faveur d’une loi qui défini un montant juste.

Et si on renversait le problème ?

Il y a actuellement des milliers des personnes qui déménagent pour trouver un emploi. Pourquoi est-ce qu’il n’y aurait pas aussi des gens qui déménagent pour vivre mieux avec leur Revenu de Base Inconditionnel ?

En effet, si le fait de vivre n’est plus conditionné par le fait d’avoir un emploi. Il est possible d’aller vivre où l’on veut et même de se créer son emploi où l’on veut.

Cela fait des décennies que les régions périphériques se vident des jeunes qui vont chercher un emploi ailleurs, souvent dans les grandes agglomérations.

Du coup, les campagnes ont un tissu économique qui diminue et les grandes agglomérations voient les loyers prendre l’ascenseur, un marché de l’immobilier saturé et des infrastructures de transports surchargées.

Permettre à des gens de vivre où bon leur semble, et pas uniquement où il y a des emplois permet de résoudre de nombreux problèmes autant pour les campagnes que pour les villes.

t-shirt les bayards

Avec le Revenu de Base Inconditionnel, l’argent va là où sont les gens, et non pas forcément là où sont les emplois.

Le Revenu de Base Inconditionnel pour dynamiser les régions périphériques

Le Revenu de Base Inconditionnel est un excellent moyen de favoriser les métiers utiles mais peu rémunérateurs. Ainsi, si je veux ouvrir un restaurant ou une petite épicerie dans mon village en pleine campagne, j’aurai actuellement nettement moins de clients que si je vais en plein centre ville de Genève. Il sera plus difficile voir impossible pour moi de vivre de ce travail, de cette contribution à la société.

ferme St-Hubert les émibois

Avec un Revenu de Base Inconditionnel, je suis assuré d’avoir de quoi vivre, ainsi je peux oser créer mon entreprise, développer mon activité dans une région périphérique. Avec cette activité je peux fournir un service à la société et gagner un revenu pour compléter mon Revenu de Base Inconditionnel.

Ainsi avec un tel système je peux avoir un revenu global qui est tout à fait correct et permet de vivre bien tout en dynamisant le tissu économique local.

Et comme souvent ce genre d’initiative fait boule de neige, le monde attire le monde. Si je sais qu’il y a un restaurant et une épicerie, je suis plus à même d’y installer mon entreprise de menuiserie.

Actuellement il y a de nombreux villages où il ne reste plus qu’agriculteur comme emploi local. Pourquoi ? Tout simplement par ce que les agriculteurs ont une sorte de Revenu de Base Inconditionnel avec leur paiement direct !

Voilà donc comment le Revenu de Base Inconditionnel peut aider à dynamiser les régions périphérique et baisser les loyers dans les grandes agglomérations.

Pour en savoir encore plus sur le Revenu de Base Inconditionnel et sa puissance de transformation positive de notre société, je vous invite à parcourir les 10 étapes de la piste vita du RBI…

 

Le Revenu de Base Inconditionnel suite logique de l’histoire des droits sociaux en Suisse

Le monde change. Le progrès est en marche. Et ce n’est pas qu’un progrès technique.
Chaque génération a fait évoluer les droits sociaux.

C’est maintenant au tour de la Génération du Revenu de Base Inconditionnel de construire l’avenir.

Au cours de l’histoire, il y a toujours eu des gens opposés au progrès, des oiseaux de mauvaise augure pour annoncer l’effondrement de l’économie au moindre changement.

Mais l’économie ne s’est pas effondrée… et le PIB n’a jamais été aussi important qu’aujourd’hui !

Voici une petite rétrospective en BD de l’histoire des droits sociaux en Suisse:

Un grand merci à Solène pour les illustrations de cette BD. 🙂

Grandes dates de l’Histoire des droits sociaux en Suisse

1877
La « Loi Fédérale sur les fabriques » est acceptée. Elle interdit le travail des enfants de moins de 14 ans en fabrique et limite le temps de travail des ouvriers et ouvrières à 11h par jour.

1919
Déjà réclamée lors de la Grève Générales de 1918, introduction de la semaine de 48 heures.

1947
La Loi Fédérales sur l’Assurance-Vieillesse et Survivants (LAVS) est acceptée en votation. Cette mesure était aussi déjà réclamée lors de la Grève Générale de 1918.

1959
Le Parlement Suisse adopte la Loi sur l’Assurance-Invalidité (LAI). Cette mesure était demandée depuis plus de 35 ans.

1964
La « Loi sur le travail » est votée. Elle accorde deux semaines de congés payés à chaque travailleur.

1971
Avec 65.7% de oui, les suisses accordent le droit de vote et d’éligibilité aux femmes.

Auparavant, les électeurs avaient refusé, par peur qu’une femme citoyenne ne deviennent une mauvaise mère ou épouse.

2016
.. On va voter le Revenu de Base Inconditionnel (RBI)…