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2030 Odyssée dans le RBI – épisode 1: GLADYS DELORME

2030 Oydssée dans le RBI est un feuilleton écrit par JC Novelle.
Plongez dans un avenir proche où le Revenu de Base Inconditionnel est une réalité quotidienne. Découvrez ce que ça change.
Vous retrouverez ici un épisode toute les 2 semaines.

GLADYS DELORME

J’ai pris l’enveloppe dans ma main et j’ai tout de suite compris que ma vie allait changer. En refermant la boîte aux lettres, mille pensées tournaient déjà dans ma tête. C’est incroyable comme tout arrive en même temps et surtout pas au bon moment. Jacques est loin d’être remis de son accident, je suis enceinte, il y a l’hypothèque de la maison et cette montagne de factures qui nous bouche l’horizon… !

Gladys sursauta et se réveilla en sueur, son cœur tapait dans sa poitrine comme le marteau sur l’enclume. Jacques dormait paisiblement. Elle commençait à comprendre que ce n’était qu’un rêve, ce cauchemar qui revenait sans cesse. Il était cinq heures. Elle poussa un soupire et décida de se lever. De toute façon elle n’arriverait plus à se rendormir.

Cinq ans s’étaient écoulés depuis son licenciement. Même si son burnout faisait à présent partie du passé, le temps n’avait pas réussi à gommer le sentiment d’injustice qu’elle avait ressentie. Gladys se posait beaucoup de questions sur son avenir.

Encore un peu glauque, la tête dans la ouate, elle se dirigea vers la salle de bains. Assise sur les toilettes, elle prit son smartphone, consulta et en profita pour vérifier, comme chaque mois, si son RBI avait été versé sur son compte.

Encore Jobup ! Il faut que je désinstalle cette application, elle m’agace ! Se dit-elle énervée.

Ensuite, la cuisine, étape cruciale du matin, pour se préparer un café. Il lui fallait cet arôme pour se mettre en route. Elle avait la bouche pâteuse et sûrement une haleine à coucher dehors. C’est vrai que la veille elle ne s’était pas privée. Il faut dire que la soirée avait été très animée et le vin pas mal du tout. Elle sourit. Comme une mélodie, elle entendait le ronronnement de la machine et une douce caresse de café se faufila dans ses narines. Elle adorait ce moment.

Soudain, le pop-up qu’elle venait de recevoir surgit dans son esprit avec une telle intensité qu’elle laissa presque tomber sa tasse de café. Elle reprit son smartphone et se précipita sur l’annonce de Jobup. Une entreprise de la région cherchait un maître torréfacteur motivé et prêt à se former. Le boulot de ses rêves ! Elle avait toujours voulu torréfier du café. Lorsqu’elle avait choisi cette voie pour son apprentissage, ce rêve s’était brisé contre le refus de ses parents de la soutenir dans son objectif professionnel.

  • Ce n’est pas sérieux, il n’y a aucun avenir pour toi dans ce domaine, lui avait dit sa mère.
  • En plus, c’est très mal payé, avait renchéri son père.

A 16 ans, une opportunité comme celle qui se présentait maintenant lui avait échappé. La voix de ses parents résonnait encore dans sa tête. Mais aujourd’hui elle n’avait plus 16 ans. Elle prit un stylo et se dirigea vers le calendrier accroché sur le mur. Elle entoura la date de la veille : le 1er juillet 2030. Elle venait de fêter son 38e anniversaire. Elle décida de postuler.

Pendant toute la journée elle s’est sentie revivre. Elle voyait son rêve d’enfance prendre forme devant ses yeux. Elle rayonnait. Dans sa tête tout était prêt : son curriculum vitae avec les compétences qui faisaient d’elle la candidate idéale, sa lettre de motivation à l’arôme de café, ses certificats de travail élogieux. Elle tenait Boris par la main.

  • Ça va maman?
  • Très bien, pourquoi ?
  • Parce que tu es toute souriante.
  • J’ai décidé de reprendre un travail.
  • Mais alors, qui va venir me chercher à l’école ?
  • Papa en rentrant du travail.
  • Mais il n’a jamais le temps.
  • Ne t’en fais pas, il s’arrangera.

Boris n’avait que dix ans, mais il sentait déjà que quelque chose allait changer dans sa vie et il n’aimait pas cette sensation. Gladys lui sourit, lui serra affectueusement la main et ils poursuivirent leur chemin de retour à la maison.

Le téléphone sonna. Elle avala rapidement le morceau de pizza et répondit.

  • Chérie, la séance se prolonge. Je rentrerai tard. Désolé ! Dit Jacques à voix basse.
  • Tu m’avais dit que c’était bon pour ce soir.
  • Je sais, mais mon boss a besoin de moi pour un projet très important.
  • Mon avenir est très important aussi.
  • Chérie, tu ne vas pas recommencer. Désolé, je dois y aller. A plus tard.

Elle raccrocha, le visage crispé. Gladys avait pris la décision, elle postulerait.

Elle savait que Jacques ne sacrifierait pas sa belle carrière chez Monsanto alors qu’il avait été promu Directeur des opérations pour l’Europe. Il n’avait jamais voulu baisser son taux d’activité.

Pourtant elle avait fait des calculs et avec le RBI ils se seraient très bien débrouillés. D’autant plus que le scepticisme du début s’était progressivement estompé à mesure que les gens prenaient peu à peu l’habitude à ce chamboulement. Gladys se souvenait des discussions animées avant le vote en 2016 et à sa participation à la campagne. Le oui avait surpris tout le monde.

Elle lisait « Astérix chez les Helvètes » à Boris qui adorait cette BD. Elle voulait qu’il s’endorme sans trop penser à l’absence de son père qui n’était pas encore rentré.

Loin des aventures d’Astérix, les pensées de Gladys étaient imprégnées d’interrogations sur son avenir. Elle décida de faire le point sur sa situation. Si elle voulait changer de vie, elle ne pourrait compter que sur elle. Une fois de plus, Jacques avait choisi de privilégier sa carrière. Seule avec ses rêves, Gladys imagina sa vie sans son mari.

Elle se voyait en tant que maître torréfactrice dans cette petite entreprise familiale, travaillant à temps partiel pour son plus grand plaisir, préparant de nouvelles spécialités qui raviraient les clients. Avec son salaire, son RBI et celui de Boris, Gladys s’en sortirait tout à fait. Bien sûr, elle devrait déménager.

C’était un moindre mal, un prix finalement assez modeste pour un rêve longtemps resté en hibernation. Accomplir un rêve ou le regretter toute sa vie. Gladys avait choisi. Elle ne pouvait pas laisser passer une deuxième opportunité de réaliser son rêve.

Rendez-vous dans 2 semaines pour le prochain épisode de L’odysée dans le RBI…
Gladys va-t-elle être engagée comme torréfactrice? Comment va évoluer son couple?

Par |novembre 4th, 2015|nouvelle|7 Commentaires

Le revenu de base peut-il rendre paresseux ceux qui le sont déjà?

La droite est bien contradictoire, prônant un libéralisme auquel elle ne croit en fait aucunement. Elle vient de l’illustrer magnifiquement aujourd’hui lors du débat sur le revenu de base sous la coupole, témoignant d’une vision de l’être humain empêtré dans sa paresse, son absence de responsabilité, son désir de profiter sans bouger le petit doigt.

L’être humain serait donc doté du gêne de la paresse. Et heureusement la droite est là pour l’en préserver! Je m’en vais prendre ma carte au PLR, histoire de contribuer à ce sauvetage collectif… Attendez, mais c’est pas un petit peu paternaliste pour un discours libéral?

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La droite a reproché au revenu de base d’inciter à la déresponsabilisation. Pourtant elle nous l’a dit elle-même tout au long de l’après-midi : le revenu de base ne peut pas fonctionner, car les gens sont paresseux, ils ont besoin d’une carotte et d’un bâton pour être actifs, de devoir gagner leur vie, donc d’être contraints d’accepter n’importe quel emploi. CQFD. Là, j’avoue, je ne comprends plus… Comment le revenu de base pourrait-il avoir le pouvoir magique de déresponsabiliser ceux qui, selon la droite, sont déjà irresponsables et paresseux et que seule la contrainte maintient dans le droit chemin? Mérite, effort, travail, ces valeurs fortes représentant la Suisse seraient donc en fait un chateau de cartes?

C’est triste : la droite vient de nous faire l’aveu qu’elle ne croit pas aux valeurs qu’elle prétend défendre, qu’elle y croit en fait bien moins que les défenseurs du revenu de base qui soutiennent la liberté des individus, leur capacité à s’auto-déterminer, leur désir d’entreprendre, de développer leur potentiel dans un travail qu’ils auront choisi, et donc de se responsabiliser.

“Tout ce qui augmente la liberté augmente la responsabilité”, nous disait Hugo. La droite nous a dit  le contraire aujourd’hui.

Quand Martin Luther King défendait le Revenu de Base Inconditionnel

I have a dream…. C’est le début d’un des discours les plus connus du monde…. c’était un discours de Martin Luther King.

Une partie de son rêve… c’était que tout le monde puisse avoir une revenu garanti suffisant pour vivre.

Voici l’extrait d’un discours dans lequel Martin Luther King milite pour le Revenu annuel Garanti. Un cousin du Revenu de Base Inconditionnel.

Les expériences de Revenu Garanti aux USA

Le débat autour du Revenu de Base Inconditionnel qui existe en Suisse depuis quelques années a déjà eu lieu aux USA dans les années 1960-70.

Dr. Martin Luther King, Jr. et le president des USA Lyndon Johnson lors d'une rencontre  en mars 1966 à propos du Revenu Garanti.

Dr. Martin Luther King, Jr. et le president des USA Lyndon Johnson lors d’une rencontre en mars 1966 à propos du Revenu Garanti.

Martin Luther King militait pour un Revenu Garanti afin d’éliminer la pauvreté.

Comme de nos jours la grande question se posait:
Est-ce les gens vont continuer à travailler s’il ont un Revenu garanti ?

La seule manière de le savoir était de lancer des expériences.

En 1968, les économistes (parfois Nobel d’économie!) Robert Lampman, Harold Watts, James Tobin, John Kenneth Galbraith, Paul Samuelson et plus de 1 200 économistes de bords politiques différents ont envoyé au Congrès américain une pétition en faveur d’un programme de revenu garanti. (GAI : Guaranteed Annual Income)

Des expériences ont été lancées à Denver et Seattle entre 1968 et 1982  avec 4800 familles pour savoir si les gens arrêtent de travailler ou non avec un Revenu Garanti.

Conclusions:

  • Les hommes ont baissé leur temps de travail de 2 semaines par an.
  • Les femmes ont baissé leur temps de travail de 3 semaines par an, pour s’occuper un peu plus de leur enfants
  • Les jeunes ont baissé leur temps de travail de 4 semaines par an pour avoir plus de temps pour étudier.

La pétition a débouché sur une proposition par le président Nixon d’introduire un programme de revenu garanti: Family Assistance Plan-FAP

La proposition a été acceptée en avril 1970 par le congrès par 243 voix contre 155 !!

… mais… refusée par le Sénat. Elle repasse en 1972, mais encore une fois est refusée au sénat. Les opposants sont autant des gens qui trouvent le programme trop cher, que des progressistes qui trouvent le montant pas assez élevé !

En Suisse le texte de l’initiative pour un Revenu de Base Inconditionnel, vise à ancrer le principe dans la constitution, mais pas à définir un montant précis. Ainsi ne faisons pas la même erreur qu’aux USA… ne jetons pas le bébé avec l’eau du bain.

Faisons passer le principe, puis il sera largement temps de parler du montant et du financement du Revenu de Base Inconditionnel.

 

Le Revenu de Base Inconditionnel pour pouvoir travailler (librement)

La première réaction de chacun à la découverte du Revenu de Base Inconditionnel est souvent : «Plus personne ne travaillera !».

En y regardant de plus près, il est possible de voir que le Revenu de Base Inconditionnel n’est pas contre le travail, au contraire. Il favorise de nombreuses activités que le système actuel ignore.

Plus personne ne travaillera ? Vraiment ? Le Revenu de Base Inconditionnel nous pousserait à passer notre vie sur une chaise longue ?

Revenu de Base inconditionnel et chaise longue illustration Malizia

Depuis la nuit des temps, l’humain aime inventer, créer, se lancer des défis, monter des projets. Rester couché sur une chaise longue fait surtout rêver quand on vit dans un rythme effréné et quand on déteste son travail.

Quand on a la possibilité de choisir ce que l’on veut vraiment faire DE sa vie et pas DANS la vie, la chaise longue ça va un moment, au début. Puis on se lasse.

Une question de motivation

Le psychologue Maslow a démontré qu’il existe une progression des besoins. Il les a représentés sous forme d’une pyramide. Lorsque les besoins de base sont satisfaits, de nouveaux besoins apparaissent. Ce sont de nouvelles motivations qui nous poussent à avancer dans la vie.

Dans notre société, trop de citoyens ont des difficultés à assurer leurs besoins de survie et sécurité, besoins qui sont à la base de la pyramide. Ainsi il est normal que le citoyen lambda ne voie pas d’autres motivations dans la vie que ces besoins de base.

Quelles motivations poussent un milliardaire à avancer dans la vie ? J’observe que de nombreux milliardaires travaillent. Ils sont motivés par les besoins d’estime et d’accomplissement de soi qui occupent le haut de la pyramide de Maslow.

pyramide de maslow inconditionnel Malizia

Le Revenu de Base Inconditionnel permet de combler le besoin de survie de tout le monde. Ainsi il permet à l’entièreté de la société de s’ouvrir à de nouvelles motivations.

Sortir du conditionnement de la survie

Le progrès technique et l’automatisation nous offrent une productivité suffisante pour sortie de l’ère de la survie où tout est rare.

Mais nous sommes toujours englués dans un mode de pensée de survie : « celui qui ne travaille pas ne mange pas ». Notre enfance a été bercée par des fables vieilles de trois siècles comme La Cigale et la Fourmi.

Il est temps d’avoir une pensée adaptée à notre époque. L’économiste Yann Moulier-Boutang lance une piste :

Entre les figures de la cigale insouciante et de la fourmi industrieuse, s’interpose celle de l’abeille : son travail de pollinisation ne crée pas de valeur directe, mais aucune production ne pourrait exister sans lui. De même, chacun, par ses activités quotidiennes les plus anodines, participe indirectement à l’économie.

Il faut comprendre ici le mot « économie » dans son sens premier : « les règles de vie en communauté »  [voir l’encadré en bas de la page] et non dans son sens réducteur d’ « économie marchande ».

Notre société a tendance à tout vouloir placer sous l’angle de l’économie marchande. Ainsi même le statut social d’une personne dépend souvent de son emploi, de sa contribution à la société via une activité rémunérée.

Il  serait pourtant temps de laisser les humains choisir leurs moyens de contribuer à la société (dans ou hors l’emploi) et d’ainsi considérer les personnes pour ce qu’elles sont et non pour la place qu’elles occupent.

En conservant de vieux schémas, on se limite à fonctionner en économie de survie. Une économie destinée à produire toujours plus, produire trop, et nous laver le cerveau avec la pub pour consommer plus, consommer trop.

La justification de ceci est souvent d’offrir des emplois. Quand on ne sait pas faire autrement, on continue avec les vieilles recettes connues. Mais l’économie du futur, bien que marginale, est déjà là. Le Revenu de Base Inconditionnel nous permettra d’y entrer pleinement.

L’économie du futur

L’économie collaborative balbutiante montre déjà un potentiel énorme. Mais souvent, elle fait peur, car elle menace des emplois. (Ex : l’hôtellerie veut la peau du site de partage de logements AirBnb) L’emploi n’est qu’une des formes du travail : c’est le travail rémunéré. D’autres formes de contribution à la société existent.

Le Revenu de Base Inconditionnel n’est pas contre le travail, au contraire. C’est le système actuel qui se limite à ne valoriser que l’emploi comme seule forme de travail. Un système incluant un Revenu de Base Inconditionnel favorise toutes les formes de travail, du travail domestique au bénévolat en passant par l’emploi rémunéré.

Avec l’arrivée d’outils comme l’imprimante 3D, le monde de la fabrication d’objets change. Il va ressembler de plus en plus au monde de la création de logiciels. Dans ce monde, la production est l’oeuvre d’une communauté de cocréateurs. Dans l’agriculture, on observe aussi une tendance à la collaboration avec l’agriculture contractuelle de proximité. Cette forme d’agriculture engage les consommateurs à participer à la production de leur nourriture. La permaculture va encore plus loin. C’est la collaboration avec les plantes, les animaux et l’habitat au service de l’économie du vivant. C’est un travail très utile, mais peu rémunérateur. Le Revenu de Base Inconditionnel permet ce travail.

L’économie du futur sera collaborative, de pensée globale, mais d’action locale. (Pour en savoir plus lire l’article à propos de l’économie collaborative) Elle sera ainsi plus écologique, plus sociale et aussi plus efficace. En effet, le Revenu de Base Inconditionnel permet de transformer facilement une passion en contribution à la société.

Sachons saisir cette chance de n’avoir plus que des gens passionnés par leur travail. Devenons tous des abeilles pollinisatrices.

économie

Un mot composé des racines grecques:

  • οἶκος, oîkos : habitation
  • νόμος, nómos : loi

L’économie représente les lois qui régissent notre habitat, notre communauté. Tout comme l’écologie est l’étude de cet habitat, de notre environnement.

Comme toutes règles, les règles du jeu de l’économie peuvent se changer. C’est ce que fait le Revenu de Base Inconditionnel afin de remettre l’économie au service des humains et de l’environnement.

Retrouvez cet article dans L’inconditionnel, le Journal du Revenu de Base. (à la p. 5)

Pour découvrir d’autres articles, voici le sommaire de l’Inconditionnel...
Ce journal Belgo-franco-suisse tiré à 60 000 exemplaires est disponible dans de nombreux points relais et aussi en téléchargement au format PDF….

Bonne lecture

l'inconditionnel le journal du revenu de base la une

Décryptage du texte de l’initiative pour un Revenu de Base Inconditionnel

Pour la prochaine votation sur l’initiative pour un Revenu de Base Inconditionnel en Suisse. Il est important de bien comprendre sur quoi l’on va voter.

Ainsi nous allons ici décrypter pas à pas le texte de l’initiative pour un Revenu de Base Inconditionnel.

L’idée de base de ce texte est d’ancrer dans la constitution le principe du Revenu de Base Inconditionnel. Mais rien d’autre.

C’est le principe même d’une constitution: contenir des principes.

Voici le texte issu de l’administration fédérale:

Initiative populaire fédérale ‘Pour un revenu de base inconditionnel’

La Constitution est modifiée comme suit:

Art. 110a (nouveau) Revenu de base inconditionnel

1 La Confédération veille à l’instauration d’un revenu de base inconditionnel.

2 Le revenu de base doit permettre à l’ensemble de la population de mener une existence digne et de participer à la vie publique.

3 La loi règle notamment le financement et le montant du revenu de base.

 

L’explication en vidéo pour les gens qui n’aiment pas lire.. et en texte ci-dessous…

On voit que le texte est très très simple contrairement à celui d’autres initiatives:

Alinéa 1

Le but de cet alinéa demande l’instauration d’un Revenu de Base Inconditionnel.

Alinéa 2

Il existe plusieurs formes de Revenu de Base Inconditionnel. Selon les théories, il y a des Revenus de Bases qui sont tellement faibles qu’il ne permettent pas de vivre et d’autres qui sont suffisants pour vivre. Ce qui dans leur application est fondamentalement différent.

Ainsi cet alinéa 2 précise de quel type de Revenu de Base Inconditionnel on parle.

Il doit permettre à l’ensemble de la population de mener un existence digne et de participer à la vie publique.

Que veut dire “Mener une existence digne” en Suisse ?

Ça parait compliqué à évaluer pour la plupart des gens. Mais en fait, dans le cadre de cette initiative, c’est très simple. Il suffit de reprendre les évaluations qui sont faites par la CSIAS sur la base desquelles les aides sociales de tous le pays sont calculées.

Le terme de “et participer à la vie publique” précise que ce Revenu de Base Inconditionnel n’est pas limité à la survie de la personne, mais qu’il est un peu plus élevé que le minimum vital, car il reconnait qu’une personne participe à la vie publique. Ces mots reconnaissent qu’il faut quelques moyens pour avoir une vie sociale normale, pour être informés de ce qu’il se passe dans notre société, pour mener une vie politique et associative, etc.

Donc le texte de cette initiative pour un Revenu de Base Inconditionnel ne définit pas de montant précis du Revenu de Base, mais suffisamment d’indications pour que l’on puisse le chiffrer et l’indexer au coût de la vie.

le Revenu de Base Inconditionnel un socle social

A qui est donné le Revenu de Base Inconditionnel ?

L’alinéa 2 nous dit que c’est à “l’ensemble de la population“. Ainsi c’est toute personne qui réside légalement de façon permanente sur le territoire suisse.

Donc le Revenu de Base Inconditionnel est donné aux Suisses et aux étrangers qui vivent légalement en Suisse.

texte initiative Revenu de base Suisse

Alinéa 3

Cet alinéa précise qu’il faudra créer une loi pour y décrire les détails de la mise en place du Revenu de Base Inconditionnel en Suisse.

Cette lois devra notamment inclure les points les plus épineux qui sont le financement et le montant du Revenu de Base Inconditionnel.

…. et voilà c’est tout !

C’est finalement pas sorcier… 🙂

Pourquoi le montant et le mode de financement ne sont pas dans le texte de l’initiative pour un Revenu de Base Inconditionnel ?

Certaines personnes s’opposent à cette initiative pour un Revenu de Base Inconditionnel car le texte n’est pas assez précis.

Personnellement, je trouve que ce texte est très bien conçu.

Il ne faut pas oublier que l’on parle de la constitution. Une constitution est faite pour y introduire des principes, pas des règles précises. Une constitution est difficile à changer. Ainsi il sera difficile d’adapter le financement et le montant à la situation réelle du moment.

Je pense que si l’on veut vraiment voir un jour un Revenu de Base Inconditionnel, il faut faire les choses correctement et dans l’ordre.

C’est à dire, d’abord ancrer le principe dans la constitution. Puis discuter avec toutes les forces politiques du moment pour qu’un consensus se dégage autour d’une solution juste pour tous.

C’est un long chemin. Mais il fonctionne. Il a fallu 60 ans à l’idée de l’AVS pour passer du programme du parti radical à une solution concrète. J’espère que ça ira plus vite pour le Revenu de Base Inconditionnel, mais comme tout va plus vite à notre époque je ne me fais pas de soucis.

La pratique semble montrer qu’effectivement un principe a plus de chance d’être accepté qu’un détail.

Voici les résultats de deux votations à propos de salaire minimum qui ont eu lieu dans le canton de Neuchâtel:

Pourquoi un tel renversement de situation ? Comment passer d’une majorité de pour à une majorité de contre sur le même sujet ?

La petite différence qui change tout, c’est le fait de voter sur un principe ou sur un montant !

Les principes, les grandes idées rassemblent. C’est les détails qui divisent.

Actuellement, je ne connais personne qui est contre le principe de l’AVS. Par contre le détail de la concrétisation du principe est souvent discuté et modifié.

Je suis certain que le principe du Revenu de Base Inconditionnel est accepté par une immense majorité des gens.

C’est sur la manière de le concrétiser que j’entend le plus d’avis divergents. C’est là qu’il y a une polarisation gauche droite qui se fait. Pas sur le principe.

Alors faisons les choses dans l’ordre acceptons le principe du Revenu de Base Inconditionnel. Nous aurons encore largement le temps de discuter de la suite.

L’histoire est en marche.

histoire des droits sociaux en suisse

Le Revenu de Base Inconditionnel pour dynamiser les régions périphériques

Dans cet article je vais vous montrer pourquoi le Revenu de Base Inconditionnel est bon pour dynamiser les régions périphériques tout en faisant baisser la pression sur le marché de l’immobilier des grandes agglomérations.

Disparités du coût de la vie en Suisse

Quand on tente d’évoquer ce que pourrait être le montant d’un Revenu de Base Inconditionnel en Suisse. Le montant de CHF 2500.- est souvent évoqué. (notamment par ce qu’il a été popularisé par une manchette du journal Le Matin)

manchette journal Le matin initiative revenu e base inconditionnel

Le texte de l’initiative quand à lui ne précise pas de montant. Il tente de le situer par cette phrase:

Le revenu de base doit permettre à l’ensemble de la population de mener une existence digne et de participer à la vie publique.

Ce qui situe le montant du Revenu de Base Inconditionnel au dessus du seuil de pauvreté (~ CHF 2200.-) et un petit peu plus…

A l’évocation d’un montant de CHF 2500.-, les réactions sont diverses, si je caricature à peine, les genevois tire la gueule…C’est pas possible de vivre avec CHF 2500.- à Genève”…. et les Chaux-de-Fonniers trouvent ça génial…..

C’est là que l’on observe les grandes disparités du coût de la vie en Suisse. Un classement du journal THE Economist indique que Zurich et Genève sont les villes les plus chères du monde, suivies de Singapour, Paris et Oslo. New York n’est qu’en 22 ème position, même si en moyenne les NewYorkais dépensent 58% de leur salaire pour se loger !

Dans un autre registre, l’initiative pour un salaire minimum fixé dans la constitution avait aussi montré en mai 2014 que définir un montant fixe d’un salaire minimum pour toute la Suisse est très difficile et n’est pas adapté aux disparités régionales. C’est une des raisons pour laquelle cette initiative a été largement balayée.
(En passant, on peut aussi inciter à augmenter les bas salaires mais sans contraindre les gens à l’aide du Revenu de Base Inconditionnel…)

Pour illustrer les disparités du coût de la vie en Suisse, voici un aperçu des prix des loyers en Suisse:

cartes des loyers en suisse

Du coup, certaines personne s’opposent au Revenu de Base Inconditionnel seulement parce qu’elles jugent qu’un montant qui n’est qu’une proposition (!) n’est pas assez élevé!

Ce n’est pas sur le montant que l’on va voter. Donc je conseille à toute ces personnes d’attendre que le principe soit ancré dans la constitution pour militer en faveur d’une loi qui défini un montant juste.

Et si on renversait le problème ?

Il y a actuellement des milliers des personnes qui déménagent pour trouver un emploi. Pourquoi est-ce qu’il n’y aurait pas aussi des gens qui déménagent pour vivre mieux avec leur Revenu de Base Inconditionnel ?

En effet, si le fait de vivre n’est plus conditionné par le fait d’avoir un emploi. Il est possible d’aller vivre où l’on veut et même de se créer son emploi où l’on veut.

Cela fait des décennies que les régions périphériques se vident des jeunes qui vont chercher un emploi ailleurs, souvent dans les grandes agglomérations.

Du coup, les campagnes ont un tissu économique qui diminue et les grandes agglomérations voient les loyers prendre l’ascenseur, un marché de l’immobilier saturé et des infrastructures de transports surchargées.

Permettre à des gens de vivre où bon leur semble, et pas uniquement où il y a des emplois permet de résoudre de nombreux problèmes autant pour les campagnes que pour les villes.

t-shirt les bayards

Avec le Revenu de Base Inconditionnel, l’argent va là où sont les gens, et non pas forcément là où sont les emplois.

Le Revenu de Base Inconditionnel pour dynamiser les régions périphériques

Le Revenu de Base Inconditionnel est un excellent moyen de favoriser les métiers utiles mais peu rémunérateurs. Ainsi, si je veux ouvrir un restaurant ou une petite épicerie dans mon village en pleine campagne, j’aurai actuellement nettement moins de clients que si je vais en plein centre ville de Genève. Il sera plus difficile voir impossible pour moi de vivre de ce travail, de cette contribution à la société.

ferme St-Hubert les émibois

Avec un Revenu de Base Inconditionnel, je suis assuré d’avoir de quoi vivre, ainsi je peux oser créer mon entreprise, développer mon activité dans une région périphérique. Avec cette activité je peux fournir un service à la société et gagner un revenu pour compléter mon Revenu de Base Inconditionnel.

Ainsi avec un tel système je peux avoir un revenu global qui est tout à fait correct et permet de vivre bien tout en dynamisant le tissu économique local.

Et comme souvent ce genre d’initiative fait boule de neige, le monde attire le monde. Si je sais qu’il y a un restaurant et une épicerie, je suis plus à même d’y installer mon entreprise de menuiserie.

Actuellement il y a de nombreux villages où il ne reste plus qu’agriculteur comme emploi local. Pourquoi ? Tout simplement par ce que les agriculteurs ont une sorte de Revenu de Base Inconditionnel avec leur paiement direct !

Voilà donc comment le Revenu de Base Inconditionnel peut aider à dynamiser les régions périphérique et baisser les loyers dans les grandes agglomérations.

Pour en savoir encore plus sur le Revenu de Base Inconditionnel et sa puissance de transformation positive de notre société, je vous invite à parcourir les 10 étapes de la piste vita du RBI…

 

Le Revenu de Base Inconditionnel suite logique de l’histoire des droits sociaux en Suisse

Le monde change. Le progrès est en marche. Et ce n’est pas qu’un progrès technique.
Chaque génération a fait évoluer les droits sociaux.

C’est maintenant au tour de la Génération du Revenu de Base Inconditionnel de construire l’avenir.

Au cours de l’histoire, il y a toujours eu des gens opposés au progrès, des oiseaux de mauvaise augure pour annoncer l’effondrement de l’économie au moindre changement.

Mais l’économie ne s’est pas effondrée… et le PIB n’a jamais été aussi important qu’aujourd’hui !

Voici une petite rétrospective en BD de l’histoire des droits sociaux en Suisse:

Un grand merci à Solène pour les illustrations de cette BD. 🙂

Grandes dates de l’Histoire des droits sociaux en Suisse

1877
La “Loi Fédérale sur les fabriques” est acceptée. Elle interdit le travail des enfants de moins de 14 ans en fabrique et limite le temps de travail des ouvriers et ouvrières à 11h par jour.

1919
Déjà réclamée lors de la Grève Générales de 1918, introduction de la semaine de 48 heures.

1947
La Loi Fédérales sur l’Assurance-Vieillesse et Survivants (LAVS) est acceptée en votation. Cette mesure était aussi déjà réclamée lors de la Grève Générale de 1918.

1959
Le Parlement Suisse adopte la Loi sur l’Assurance-Invalidité (LAI). Cette mesure était demandée depuis plus de 35 ans.

1964
La “Loi sur le travail” est votée. Elle accorde deux semaines de congés payés à chaque travailleur.

1971
Avec 65.7% de oui, les suisses accordent le droit de vote et d’éligibilité aux femmes.

Auparavant, les électeurs avaient refusé, par peur qu’une femme citoyenne ne deviennent une mauvaise mère ou épouse.

2016
.. On va voter le Revenu de Base Inconditionnel (RBI)…

Financement du Revenu de Base Inconditionnel: un gros malentendu !

Il y a un gros malentendu qui subsiste sur le financement du Revenu de Base Inconditionnel. La plupart des gens sont persuadés que pour financer le RBI il faut trouver de l’argent en plus !

=> C’est faux !

La plupart de l’argent pour financer le RBI est déjà là et disponible !

Voici une vidéo dans laquelle nous vous proposons de bien comprendre les différents modèles de RBI possibles et leur effets, ceci afin de bien comprendre leur financement.

Puis nous nous vous invitons à visiter notre laboratoire d’idées à propos du financement du Revenu de Base Inconditionnel…

 

 

RBI effort réel de financement

Ce qu’il faut bien comprendre, c’est qu’en Suisse, la plupart des gens ont déjà un revenu plus élevé que le montant du Revenu de Base.

Instaurer un Revenu de Base Inconditionnel, c’est juste sécuriser la première tranche de ce revenu global, tranche que l’on appelle Revenu de Base Inconditionnel.

Donc la manière la moins chère de réaliser un RBI, c’est de l’intégrer dans le revenu global.

Cette méthode est bon marché (< de 3% du PIB). Cependant, les effets qu’elle a ne sont pas pleinement un vrai Revenu de Base Inconditionnel.

En effet, si ce type de RBI est capable de faire augmenter les bas salaires, il n’est pas capable de permettre aux gens qui travaillent de baisser leur temps de travail.

Il faut le savoir. Ainsi il y a 2 sortes de RBI à choix:

  • le RBI qui est de l’argent en plus pour tous => coûte 140 milliards
  • le RBI qui est de l’argent en plus uniquement pour ceux qui n’ont pas actuellement un revenu qui est de l’ordre du montant du RBI, soit: les enfants, les parents au foyer et les working poors. => coûte ~18 milliards

Au vue du montant global du PIB, les revenus du peuple suisse, Génération RBI a pour objectif le Revenu de Base Inconditionnel qui est de l’argent en plus pour tous.

Cependant, pour effectuer une transition en douceur vers ce modèle. Il est possible de discuter de la mise en place d’un RBI moins cher. Mais ce n’est pas l’objectif final.

Pour en savoir plus sur quelques modèles de financement du Revenu de Base Inconditionnel en Suisse, voici notre page labo….

Exemple d’un RBI intégré avec un montant de CHF 2500.-

Si l’on choisi un RBI à CHF 2500.- le principe revient tout simplement à nommer les premiers CHF 2500.- de votre revenu global… “Revenu de Base Inconditionnel”. La plupart des gens dans ce pays ont déjà un revenu supérieur à CHF 2500.-
(seuls, 2.3% des salaires à plein temps sont inférieurs à CHF 3000.-)

Ainsi on ne fait que réaffecter sous un nouveau nom, des revenus déjà existants qui, suivant les personnes viennent d’un emploi, de l’AI, de l’AVS, de l’aide sociale, de bourse d’études etc…..

revenu de base inconditionnel intégré dans le revenu global

Une simple opération neutre de réaffectation d’argent

Il est évident que l’on peut réaffecter le financement d’assurances sociales actuelles au financement du Revenu de Base Inconditionnel. (AVS, AI, Aide sociale, bourse d’études, etc…)

Réaffecter les premiers CHF 2500.- de chaque salaire est un choix qui dépend de la méthode globale de financement d’un RBI.

Il y a plusieurs modèles de financement (VAN des entreprises, remplacement d’impôts des entreprises par une taxe à la consommation, micro-taxe sur les paiements électroniques et création monétaire par les gens et pas par la dette).

La méthode la plus simple à mettre en place est le modèle qui prélève une part de la Valeur Ajoutée Nette des entreprises. (VAN) Ceci car le réseau de caisse de compensation est déjà en place. Donc dans une optique de transition, c’est plus facile.

Avec ce modèle, on peut dire qu’effectivement, il y a globalement un transfert de la première tranche de CHF 2500.- d’un salaire pour financer le RBI.

financement du revenu de base inconditionnel par la valeur ajoutée nette

En effet, avec un tel modèle de financement, naturellement il va se produire un rééquilibrage des salaires pour tenir compte du RBI. Ainsi globalement on crée une opération neutre. L’employeur donne pareil que maintenant et l’employé reçoit pareil que maintenant. (Cette régulation naturelle, sans règlement fixe, cette souplesse d’adaptation à chaque situation est une grande force du RBI.)

Au passage on supprime le système actuel d’aide sociale qui est vraiment plein d’effet pervers. Il n’incite pas du tout à travailler, vu que tout revenu supplémentaire est déduit. De plus, dans la plupart des cantons, l’aide sociale se rembourse une fois que l’on retrouve une situation financière meilleure!

Mais encore, pour toucher une aide sociale il faut d’abord épuiser sa fortune, comme par exemple, une maison ou une voiture. (et ainsi renoncer à un loyer pas cher et un moyen de transport souvent utile pour avoir un emploi !)

Le Revenu de Base Inconditionnel est une vision positive, un véritable socle pour se construire bien plus efficace qu’un filet social troué...

le Revenu de Base Inconditionnel un socle social

 

L’effort réel à fournir est faible…. voir nul !

Le principal “trou” de financement d’un RBI provient du complément à ajouter pour les personnes qui ont actuellement un revenu global inférieur au montant du Revenu de Base (en dessous de CHF 2500.- par exemple).

Dans ce cas il n’y a aucun revenu de la personne à réaffecter sous le nom de Revenu de Base, on doit le trouver ailleurs.

Dans cette catégorie, il y a des pauvres, (de plus en plus de working poor) mais aussi les enfants !

En effet, les enfants faisant partie de la population suisse, ils ont aussi droit à un Revenu de Base. C’est une réelle aide pour les familles. Mais on voit que les allocations familiales actuelles sont insuffisantes pour être significativement réaffectées au financement du Revenu de Base Inconditionnel.

Pour cette raison, les modèles de financement prévoient un Revenu de Base pour enfant qui est seulement de l’ordre de la moitié ou du quart du montant du RBI d’un adulte.
(On peut imaginer des variantes progressives, et on peut imaginer responsabiliser l’enfant en fonction de son âge en lui donnant directement une part du RBI et l’autre à ses parents.)

Ainsi, quel est l’ordre de grandeur de l’effort réel ?

Selon les calculs les plus récents, l’effort réel est de CHF 18 milliards, ce qui représente ~ 2.8 % du PIB Suisse.

Ce montant est dans un ordre de grandeur qui est tout à fait finançable par notre pays.

… et si on place le montant du Revenu de Base Inconditionnel à CHF 2250.- L’effort réel est nul !

On comble le trou par une taxe sur les paiements électronique

Dernièrement, le professeur de finance à l’université de Zürich Marc Chesney a montrée qu’une taxe de 0,2% sur les paiements électroniques en Suisse permet de capter 200 milliards de CHF.

Comme l’effort réel pour un revenu de base inconditionnel à CHF 2500.- est de moins que 10% de cette somme. On peut se dire qu’il y a là une moyen financer l’argent qui manque en ne captant que 0.02% des paiements électroniques en Suisse. Ce qui représente CHF 2.- sur un paiement de 10 000.- CHF.

C’est un moyen de récupérer de l’argent sans charger plus, les gens qui travaillent….
… mais pour aller dans ce sens, il y a encore mieux, pour autant qu’on sorte des préjugés et que l’on comprennent vraiment ce qu’est la monnaie…

On comble le trou par la création monétaire

On peut même imaginer faire intervenir la création monétaire pour prendre en charge ce montant. Ce qui ressemblait à une idée farfelue il y a quelques années est maintenant proposé par des dirigeants de banques !

Voici un exemple, dans la NZZ du 16 février et le Temps du 17 février 2015, le banquier Michaël Malquarti propose de lutter contre la déflation en donnant de l’argent directement aux gens.

(…) cette ration pourrait s’élever dans un premier temps à 100 francs par personne et par mois, c’est-à-dire, en termes annualisés, à environ 1,5% du PIB et, selon l’agrégat utilisé, à 1 ou 2% de la masse monétaire. Les moyens déployés seraient donc bien inférieurs aux achats de devises effectués par la BNS ces dernières années. (…)

Effectivement, on l’a vu, entre 2011 et 2014 la BNS n’a pas hésité à créer CHF 100 milliards / année (15% du PIB !).

Création monétaire BNS 2006-2015

 

Si cette mesure a été possible pendant quelques années, on peut donc imaginer que la création monétaire finance les CHF 18 milliards manquants qui représentent nettement moins chaque année.

On peut imaginer cette méthode ne serait-ce que le temps que la nouvelle économie avec un Revenu de Base Inconditionnel porte ses fruits et permette d’économiser des coûts sur le long terme, notamment dans les infrastructures et la santé.

On voit donc qu’il existe des pistes pour financer un Revenu de Base Inconditionnel en Suisse sans (trop d’) effort par rapport au gain qui est apporté à tout le pays.

Le fait que l’initiative sur laquelle nous allons voter ne définisse pas précisément le financement est une chance qui nous permet d’adapter le financement à chaque époque.

Ainsi on peut réaliser une transition en douceur.
Pour approfondir toutes les solutions de financement du RBI, voici les articles de notre laboratoire d’idées sur le financement du Revenu de Base Inconditionnel...

 

PS:
Pour l’avenir, on peut même imaginer changer le système monétaire pour financer une plus grande part du RBI par la création monétaire. On pourrait remplacer le système actuel qui augmente la masse monétaire par des dettes contractées dans les banques commerciales, par un système basé sur la Théorie Relative de la Monnaie qui augmente la masse monétaire en donnant de l’argent aux gens régulièrement. Avec un tel système les estimations montrent que l’on peut probablement financer au moins la moitié du RBI. 🙂

Pour ceux qui sautent au plafond et pensent “inflation” dès que l’on parle de création monétaire, prenez le temps d’étudier  la Théorie Relative de la Monnaie. Quand tout le monde reçoit équitablement une part de la création monétaire, l’inflation n’est pas un soucis.

D’autres part, il est peut être important de rappeler qu’actuellement le problème de l’économie Suisse n’est pas vraiment l’inflation, c’est plutôt le contraire. L’économie suisse bascule du côté de la déflation….

Le Revenu de Base Inconditionnel sur les ondes à Bienne

Le magazine de la rédaction de la radio biennoise Canal3, a diffusé chaque jour entre 3 et 5 minutes d’interview à propos du Revenu de Base Inconditionnel pendant la semaine du 23 au 27 février 2015.

Voici ces interviews:

Bonne écoute et n’hésitez pas à poser vos question dans les commentaires ci-dessous…

 

La Suisse est touchée par la crise

Jeudi 15 janvier à 10h20, la BNS abandonnait brutalement le taux plancher de l’Euro à Fr 1.20 qu’elle avait maintenu depuis septembre 2011. Un scandale ? Non, parce qu’il s’agissait d’une stratégie injuste et risquée qui ne pouvait que mal se terminer. Le scandale, c’est qu’elle ait maintenu ce taux à coup d’achat massif de devises étrangères, principalement de l’Euro contre du Franc suisse, « une politique interventionniste exceptionnelle et partisane » [1].

Pourquoi un scandale ? Parce que pour acheter ces Euros, elle a dû créer massivement de la monnaie helvétique au seul profit des entreprises exportatrices, portant ainsi atteinte au principe d’égalité : « Le principe d’égalité des êtres humains devant la loi, ici devant l’usage de la monnaie (…) exige quant à lui que tous les citoyens, seuls souverains du système monétaire, reçoivent une part égale des unités de la monnaie créée, quels que soient les besoins auxquels répond cette création. » [2]. Comme l’a dit Oswald Grübel, ex CEO de UBS : « Les gens avaient critiqué la socialisation des pertes des banques. Mais avec le taux de change fixe, c’est nous qui avons payé les bénéfices des entreprises » [3].

Cette politique de la BNS, pour maintenir artificiellement la Suisse hors de la crise à crédit, a logiquement trouvé un terme dans la démesure : un bilan de la Banque nationale qui approche les 600 milliards du PIB de la Suisse. Aujourd’hui vient le moment de passer à la caisse et de rendre compte à l’ensemble des citoyens de l’étendue des pertes.

Il est patent que la promesse répétée de M. Thomas Jordan, Président de la BNS, de « maintenir avec toute la détermination requise le taux plancher » a maintenu par la même occasion nos entreprises et notre monde politique dans un optimisme déconnecté de toute appréciation raisonnable du contexte économique international. Comme quoi, les vendeurs de rêve ne sont pas qu’au coin de nos rues…

Le réveil aujourd’hui se promet d’être brutal : des entreprises disparaîtront alors que d’autres auront un bon prétexte pour licencier massivement ou péjorer les conditions de travail. Les salaires vont baisser, le pouvoir d’achat de la classe moyenne se réduire, le marché intérieur va en conséquence se ralentir et la croissance diminuer, avec même peut-être un risque de récession. La Suisse est aujourd’hui pleinement touchée par la crise économique qui secoue le monde depuis 2007.

Alors que les habituels ténors de nos médias bien contrôlés chantaient pendant toute la période du taux plancher que tout allait bien en Suisse, que notre économie était bien supérieure aux autres, qu’il était normal que notre pays soit un îlot de prospérité dans une économie mondiale en ruine, des citoyens responsables et prévoyants œuvraient en silence en portant et en faisant aboutir l’initiative populaire fédérale « Pour un Revenu de base inconditionnel » munie de plus de 126’000 signatures [4].

Le revenu de base, une rente mensuelle, universelle, individuelle et inconditionnelle, juste suffisante pour vivre, serait une bien meilleure réponse à la crise que la création monétaire pratiquée par la BNS qui ne profite qu’à un petit groupe de privilégiés. Elle remplacerait la part de revenu du travail ou de prestations sociales qui remplit le besoin économique pour mener une vie décente et socialement intégrée.

C’est une protection sociale moderne et digne de ce nom dans une société qui ne peut plus garantir le plein emploi, une situation pour laquelle notre système social conventionnel n’a jamais été conçu. Il apporte aussi l’ultime solution pour sauver notre économie de sa faillite programmée en garantissant le maintien du flux monétaire nécessaire à la pérennité de l’économie réelle.

Déjà finançable par les transferts de revenus existants, il le serait d’autant plus facilement si on lui transférait aussi une part du bénéfice de la création monétaire nationale, à supposer qu’on décide aussi de ne plus réserver ce bénéfice aux seules banques et entreprises exportatrices.

La Suisse qui entre en crise, est-ce vraiment un malheur ou plutôt une opportunité, pour que le peuple se prononce massivement pour un « oui » au revenu de base ? L’avenir nous le dira…

 


[1] Le taux plancher avec l’euro est un choix partisan – Liliane Held-Khawam – Le Temps, 12.11.2012[2] Dossier Initiative populaire fédérale « Pour un revenu de base inconditionnel »[3] Vor ein paar Jahren haben wir uns aufgeregt, dass die Verluste der Banken sozialisiert werden – magazine Cash (DE)

[4] Les avantages du revenu de base inconditionnel sont multiples, parmi ceux-ci : fin de la précarité et de la stigmatisation – plus besoin de craindre d’avoir à mendier pour vivre ni de sentiment de culpabilité de vivre aux crochets de sa famille ou de l’aide sociale ; liberté d’entreprendre – le besoin d’existence étant garanti, il devient facile d’exercer toute activité souhaitée, qu’elle soit rentable ou non ; rationalisation de l’administration sociale – contrôles et enquêtes ne sont plus nécessaires (jusqu’à 80% du temps de travail d’un collaborateur social) ; ou encore, meilleurs rapports de travail – les employés ne sont plus contraints d’accepter des emplois à n’importe quelles conditions et les employeurs sont déchargés de la responsabilité d’assurer la survie de leurs employés. – revenudebase.ch