Un OVNI politique

Le Revenu de Base Inconditionnel a la particularité d’être un sujet politique non partisan. En effet, aucun parti politique n’a un avis clair sur la question. De chaque côté de l’échiquier politique on trouve des partisans et des opposants au RBI.

Ainsi, dans le milieu des militants du RBI, on dit souvent que…

Le Revenu de Base Inconditionnel, n’est ni de droite, ni de gauche.. Il va de l’avant !

Le principe du RBI associe des concepts qui sont souvent opposés dans les partis « classiques ». Pour faire bref, le RBI mélange les valeurs de liberté et de responsabilité personnelle chère à la droite avec la solidarité chère à la gauche.

Du coup le mélange des genres ne rentre dans la ligne pure d’aucun parti !

C’est que le Revenu de Base Inconditionnel va dans une logique de gagnant-gagnant. Chacun peut y trouver son compte. Le temps des partis en opposition est fini !

Un point qui doit plaire à la gauche

Comme chacun peu y trouver son compte, dans cet article, j’ai envie de montrer aux gens de gauche que le Revenu de Base Inconditionnel est un outil très efficace au service d’une cause chère à la gauche:

  • Inciter à augmenter les bas salaires.

En effet, c’est un sujet récurrent à gauche. Le revenu global de peuple suisse (le PIB) est toujours en croissance, mais il ne profite pas à tout le monde. Les richesses sont très mal redistribuées. Les inégalités sont croissantes et la gauche aimerait une meilleure redistribution du gâteau.

Le salaire minimum fixe: un mauvais outil

En mai dernier, le peuple suisse s’est prononcé sur une initiative pour l’introduction dans la constitution d’un salaire minimum de CHF 4000.-

Le bilan des urnes a été très dur pour les syndicats et partis de gauche qui soutenaient cette initiative. La majorité des votants a nettement rejeté cette initiative (76% contre).

Quelles sont les raisons de ce rejet ?

J’ai fait ma petite étude sur un cas très particulier. Celui du canton de Neuchâtel:

Pourquoi un tel renversement de situation ? Comment passer d’une majorité de pour à une majorité de contre ?

La petite différence qui change tout, c’est le fait de voter sur un principe ou sur un montant !

En effet, ça ne semble pas être une grande différence, mais ça change tout.

Les arguments qui ont convaincus les suisses de voter non sont (qu’ils soient vrais ou non, ils ont fait mouche !):

  • le fait qu’un montant fixe pour un salaire minimum ne tient pas compte des disparités régionales, des particularités de branches économiques et des situations personnelles.
  • Le fait qu’une entreprise en démarrage, n’est pas forcément rentable tout de suite. Ainsi, un salaire minimum est un frein à la création d’entreprise.

Ainsi, j’en déduis, en tout cas dans le cas du canton de Neuchâtel, que les gens ne sont pas contre le principe d’une meilleure redistribution des richesses. (Le succès Suisse de l’initiative Minder montre un cas qui va dans ce sens.)

Mais les gens sont contre un outil trop rigide pour arriver à ce but.

Le RBI un meilleur outil pour augmenter les bas salaires

C’est ici qu’il faut bien observer les caractéristiques de l’outil Revenu de Base Inconditionnel. Ça ne saute pas aux yeux la première fois que l’on entend parler de RBI. Mais une fois que l’on connait un peu le détail du principe et des modèles de financement d’un Revenu de Base Inconditionnel en Suisse, on voit que cet outil a pour effet d’inciter à augmenter les bas salaires.

Je dis bien inciter et non pas obliger. C’est là tout la différence de cet outil. C’est là sa force. Contrairement au salaire minimum arbitraire et fixe, le RBI est un outil qui peut augmenter les bas salaires tout en prenant en compte les particularités régionales, de branches ou de situations personnelles.

Pour mieux comprendre, voici un schéma qui compare la situation de trois salaires différents:

Le Revenu de Base Inconditionnel incite à augmenter les bas salaires

De ce dernier schéma, on observe que le Revenu de Base Inconditionnel incite à augmenter les bas salaires. En effet, si le montant du revenu total n’est pas très différent du Revenu de Base Inconditionnel, on peut supposer que certaines personnes renoncerons à travailler pour gagner si peu (le cas tout à droite sur ce schéma). Il ne faut pas oublier que souvent un travail rémunéré n’est pas qu’un gain d’argent, c’est aussi un coût. (Ex: frais de transports pour se rendre sur son lieu de travail et/ou de garde d’enfants)

Ainsi, si un employeur veut des employés. Il doit rendre plus attractif le travail qu’il propose.

C’est ici un des effets du Revenu de Base Inconditionnel. Il redonne un vrai pouvoir de négociation aux employés qui ne sont pas obligés d’accepter n’importe quoi sous la menace du chômage !

L’employeur peut rendre plus attractif l’emploi qu’il propose, soit en améliorant les conditions de travail (prestations en nature, flexibilisation des horaires, etc…) ou en augmentant le salaire (la part rose sur le schéma).

C’est là que l’on voit que le RBI est beaucoup plus souple que le salaire minimum fixe. Le montant de la part incitative à travailler (en rose) est déterminée par l’offre et la demande et par des négociations entre employé et employeur (ou des conventions collectives). La détermination de ce montant peut tenir compte des particularités régionales, de branches ou personnelles. Cette part s’adapte à chaque cas.

Le RBI pour ré-équilibrer le rapport de force employeur-employé

Personnellement je vois ici des avantages du côté employés qui ré-équilibrent un peu la situation du marché du travail actuel qui n’est plus un marché libre, mais une bataille dans laquelle de nombreuses personnes se sacrifient pour espérer y mettre un pied (ou un peu plus).

Une étude d’Adecco a montré que depuis 2007, il y a une augmentation de 40% du nombre de place de stage. Un stage, c’est mal payé, voir pas payé du tout ! C’est une forme moderne d’esclavage. Cette même étude montre le paradoxe que plus une personne fait de stage, moins elle a de chance de trouver un emploi !

C’est un paradoxe au premier abord, mais moi j’y vois quelque chose de tout à fait logique. Il y a des branches économiques, je pense au journalisme par exemple, qui fonctionnent de plus en plus, uniquement avec des stagiaires. Les stagiaires se relayent de 6 mois en 6 mois. Il y a assez de journalistes au chômage pour alimenter en permanence ce système.

A ce jeu là, l’outil salaire minimum, ne résout pas beaucoup le problème, il garanti un bon revenu aux chanceux qui ont un emploi, mais ne résout rien pour les autres !

Un Revenu de Base Inconditionnel change totalement la donne.
Que veut-on vraiment ? Garantir le plein emploi ou que les gens puissent vivre ?

Avec un RBI, un journaliste peut devenir journaliste indépendant, il peut s’associer avec d’autres et créer un média de qualité tout en étant assuré de vivre. Sur cette base nettement plus saine qu’un stage, il pourra certainement monnayer son activité et en faire une affaire florissante.

Le RBI ne révèle pas son potentiel au premier coup d’oeil

J’espère avoir donné ici un éclairage assez clair pour que les gens de gauche y trouvent leur compte dans l’outil Revenu de Base Inconditionnel. (Les gens de droite ne vous en faites pas, je ferai aussi un article bientôt expliquer pourquoi les gens de droite doivent soutenir le Revenu de Base Inconditionnel)

S’il vous plait, étudiez bien à fond cet outil de Revenu de Base Inconditionnel, ne faites pas une analyse à la légère et pleine de dogmatisme comme l’a fait un conseiller national socialiste.

Il défend dans son argumentaire le salaire minimum avec un montant fixe comme outil parfait, mais on a vu le résultat. Mieux vaut inscrire un principe dans la constitution. C’est ce que propose le texte de l’initiative pour un Revenu de Base Inconditionnel et c’est une bonne stratégie. (Même s’il y a des divergences sur le financement de l’AVS, tout le monde est pour le principe de l’AVS)

Chacune de ses objections peut être facilement démontée. C’est ce que l’on fait sur notre page dédiée aux réponses aux objections courantes au RBI.

Le Revenu de Base Inconditionnel n’est pas un outil parfait, mai il peut réellement inciter à augmenter les bas salaires et surtout il éradique vraiment la pauvreté (Actuellement le seuil de pauvreté en Suisse est à CHF 2200.- par mois pour une personne seule).

Il me semble que c’est un argument fondamental qui devrait convaincre toute personne de soutenir le Revenu de Base Inconditionnel, et d’autant plus les personnes de gauche.

Si vous voulez en apprendre encore plus sur le principe du Revenu de Base Inconditionnel, je vous invite à suivre notre Piste Vita du RBI. Ce n’est pas une obligation, mais comme vous êtes une personne qui aime voter en connaissance de tous les éléments je vous recommande cette piste pour bien vous informer.